
Situé au cœur de Genève, le Pavillon ADC est le premier espace entièrement dédié aux créations et performances chorégraphiques de la ville. S’appuyant sur un vaste réseau de partenariats culturels, l’ADC vise à toucher un public varié, à promouvoir des approches novatrices dans le domaine des arts vivants et à encourager une exploration artistique collective au sein de la communauté.
La chorégraphe Ruth Childs et l’artiste plasticienne Cécile Bouffard scrutent nos péchés mignons, marottes et lubies dans une forme hybride d’installation-performance pour trois danseuses : Cosima Grand, Marta Capaccioli et mona mioca felah. Par les gestes et les objets, Such a Devoted Bunch interroge les mécanismes de dévotion et d’obsession, transformant rituels ancestraux et habitudes anecdotiques en matériaux de création commune. La pièce compose un bouquet fantasque de corps et de formes, tour à tour complémentaires, conflictuels et tendres.
Mis en scène par Davi Pontes et Wallace Ferreira, Repertório N.2 explore la danse comme pratique d’autodéfense. Créée en 2021 pendant la pandémie, la pièce prolonge la tension du premier volet de la trilogie par des déplacements soutenus et frénétiques et une proximité chargée. Le public s’installe autour des interprètes, dont le regard fixe interroge et implique. Des poses inspirées du voguing ponctuent le spectacle : l’immobilité y concentre une puissance prête à surgir.
Mise en danse et interprétée par Davi Pontes et Wallace Ferreira, Repertório N.3 clôt leur trilogie par une danse malicieuse et acérée qui fait de l’ironie et de la moquerie des modes de résistance. Créé après la défaite de Bolsonaro en 2022, ce dernier volet abandonne l’énergie martiale des débuts pour des gestes plus joueurs et provocateurs : corps nus et absence de musique soulignent regard, fierté et malice. En convoquant les codes des réseaux sociaux et de la culture virale, le duo questionne la manière dont les corps queer et racisés sont regardés et consumés.
Mis en scène par Davi Pontes et Wallace Ferreira, Repertório N.1 fait de la danse un acte d’autodéfense. S’inspirant du voguing, de la culture ballroom, de la capoeira et des codes communautaires queers, la pièce transforme le corps en territoire de résistance et détourne le geste de l’arme à feu pour le retourner contre le pouvoir. Jouée sans musique, elle mise sur le souffle, les impacts des pas et le frottement des sneakers entre immobilité, poses et accélérations frénétiques.
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